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:: Escrime à la lance chevaleresque ::

 
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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Lun 15 Oct - 13:58 (2012)    Sujet du message: Escrime à la lance chevaleresque Répondre en citant

L’ESCRIME DE LA LANCE A CHEVAL 
D’après Claude GAIER 
 
 
          L'usage de la lance caractérisa la majeure partie des combattants à cheval d'Europe occidentale depuis l'époque carolingienne jusqu'au XVIe siècle. Mais le mode d'utilisation de cet accessoire toujours encombrant, donc de manipulation difficile, a connu des vicissitudes diverses au cours des temps, en fonction d'une recherche de l'efficacité  optimale dans des conditions tactiques déterminées. En schématisant quelque peu, et sans rien  ignorer des exceptions qui confirment la règle, on peut dire que l'art militaire de l'Occident  chrétien a privilégié à outrance, durant huit siècles, la seule arme qui pouvait alors combiner puissance de choc et mouvement: la cavalerie lourde. Mieux encore, la fonction de choc eut, dans bien des cas, tendance à prévaloir sur celle du mouvement, suscitant, comme par réflexe, la recherche de manœuvres simples, décisives, visant à l'enfoncement du front adverse.
        Mais le concept du cavalier lourd, C'est-à-dire du combattant puissamment protégé par une armure, solidement campé sur sa monture et doté d'une arme capable de transformer le couple homme-cheval en un projectile vivant ne s'est pas créé en un jour. Il a, en tout cas, bénéficié d'un préjugé et d'un incitant favorables dès le moment où l'autorité politique, à l'aube des temps carolingiens, favorisa le recrutement de guerriers montés parmi les classes les plus fortunées. Ce fut à la fois l'indice d'une prééminence que l'on accordait d'ores et déjà à la cavalerie et la consécration du caractère aristocratique attaché désormais au service équestre.

L'apparition d'une classe féodale et de l'ordre chevaleresque aux Xe et XIe siècles ne fit que renforcer cet état de supériorité, les membres de la nouvelle aristocratie adoptant automatiquement, en raison de sa connotation sociale autant que de son efficacité, le type d'équipement guerrier qui avait fait ses preuves auparavant.  Cette notion statutaire de l'armement restera profondément enracinée dans les conceptions militaires avant le XVIIe siècle et ne disparaîtra en fait que bien lentement par la suite.
 

     Depuis longtemps, mais le débat a connu un regain de faveur au cours des dernières années, les historiens s'interrogent sur les conditions et l’époque de l'apparition du "projectile homme-cheval ".
   II est clair que ce processus s'est élaboré graduellement, pour n'atteindre son ultime perfection qu'au commencement du XVe siècle. Néanmoins, le phénomène devient suffisamment caractéristique et conscient vers le milieu du XIe siècle que pour revêtir dès lors une importance militaire  significative.
   Jusque-là, durant toute l'époque post-carolingienne, les cavaliers les plus lourdement armés sont coiffés d'un casque, dotés d'un bouclier rond et couverts de la broigne ou de la cotte de mailles, en l'occurrence d'un modèle court avec des demi-manches et qui laisse les jambes sans protection. Ils
n'utilisent déjà  plus une selle « plate », les arçons sont surmontés de bâtes élevées, aussi bien à l'arrière  qu'à l'avant, afin de créer un effet d'emboîtement. Au reste, ces hautes selles sont désormais fixées plus solidement à la monture non seulement par une sous-ventrière, mais aussi par une courroie de poitrail et une croupière. Enfin les étriers, répandus en Occident dès le VIlIe siècle, assurent au cavalier une meilleure assise.

Quant à la lance, au XIe siècle, elle ne mesure pas p lus de 2,50 m. On l'utilise pour distribuer des coups d'estoc soit en la brandissant à hauteur de la tête, soit en lui imprimant un mouvement de balancier au niveau de la taille, soit plus simplement en s'en servant comme arme de jet, à la façon d'un javelot. Plus rarement - et cette position est attestée dès le IXe siècle -la lance est couchée en arrêt sous le bras droit replié. Dans ce cas, la force de pénétration de l'arme se trouve considérablement accrue: elle résulte non de la violence du coup porté par Je cavalier mais de l'impulsion impartie par le mouvement et le poids de son cheval.
 

Cette dernière tendance commencera à s'imposer à partir du XIe siècle, en ne supplantant cependant les autres qu'au siècle suivant. Parallèlement, on semble discerner un certain allongement et un renforcement de la lance, indice probable qu'on la destinait à un usage plus rude et que l'on souhaitait augmenter la portée de son impact. Cette "allonge" supplémentaire s'accroît d'autant plus qu'en plaçant l'arme sous le bras on peut la maintenir
en arrière de son point d'équilibre et, par conséquent, la laisser désormais dépasser d'environ deux mètres par rapport à l'encolure du cheval. Il en résulte que l'on arrive ainsi à infliger un plus rude coup à l'adversaire, voire à le désarçonner avant de l'aborder au corps à corps, principalement à l'épée.

Michel Parisse, Jean Flori et, à leur suite, R. Barber et J. Barker formulent une hypothèse séduisante et, à nos yeux, recevable, au sujet de l'origine des tournois. Ceux-ci seraient nés dans le nord de la  France vers le milieu du XIe siècle, en formalisant l'escrime de la lance en arrêt ainsi que la tactique de la charge massive de cavalerie qui découle de son usage collectif. Ils sont également liés à l'appropriation de la fonction militaire par excellence par
une caste nouvelle, celle des chevaliers.

     Si la technique de la lance couchée sous le bras est, de toute évidence, antérieure à Geoffroy de Preuilly, inventeur présumé de ces "hastiludes », il n'en reste pas moins que l'emploi de la nouvelle tactique se répand essentiellement entre la Seine et l’Escaut durant la seconde moitié du XIe siècle et que les Normands paraissent bien avoir joué dans cet engouement le rôle de relais sinon d’initiateurs.  Durant la première Croisade - où l'on connaît le rôle militaire des Normands - les Musulmans redoutaient particulièrement la charge des cavaliers francs, réputée irrésistible en rase campagne si l'on tentait de s'y opposer de front. Les ennemis des Croisés n'ignoraient pas eux-mêmes cette escrime de la lance en arrêt, qu'ils considéraient comme propre aux " Roumis ". L'émir syrien Ussamah en décrit parfaitement la technique dont il fit usage à plusieurs reprises contre les Chrétiens. Mais, en général, les Mahométans préféraient recourir à une tactique de dérobade et d'encerclement, comprenant - comme les historiens modernes l'ont bien montré depuis - que la  meilleure façon de vaincre la chevalerie occidentale consistait à lui refuser le combat selon ses propres conventions.
 

 

Tout aussi impressionnés que les Musulmans par la charge en masse à la lance, les Byzantins non seulement en adoptèrent l'emploi tactique mais organisèrent par la suite dans leur empire des tournois à l'occidentale.
Anne Comnène, en parlant de son beau-frère, Nicéphore Euphorbenos, qui vient de tuer un adversaire au cours d'un combat équestre à la lance, affirme qu'il ressemblait davantage à un Normand qu'à un" Romain".
 

Sans entrer ici dans les détails de l'évolution de l'armement et de l'équipement militaires, on constate que' ceux-ci se  perfectionnèrent encore dans le courant du Xlle siècle, surtout durant son dernier quart, dans le sens d'une meilleure efficacité du "projectile homme-cheval » : usage d'une selle aux arçons très élevés (selle " à piquer" ), cotte de mailles longue avec manches complètes munies de moufles et jambières, casque doté d'une
plaque faciale, annonçant le heaume complet, grand bouclier allongé couvrant le flanc droit. Si bien que le port de  la  lance calée sous l'aisselle est devenu général au XIIle siècle, éliminant presque totalement les autres méthodes.


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MessagePosté le: Lun 15 Oct - 13:58 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Camerotte


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Inscrit le: 13 Juin 2011
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Localisation: Marseille

MessagePosté le: Lun 22 Oct - 12:30 (2012)    Sujet du message: Escrime à la lance chevaleresque Répondre en citant

Okay

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:51 (2016)    Sujet du message: Escrime à la lance chevaleresque

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