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:: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. ::
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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Jeu 28 Juin - 14:32 (2012)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

    
Pour bien comprendre pourquoi la cotte de mailles a refait son apparition au IXe siècle et pourquoi on est passé de la cotte de mailles à la cotte de plaques au milieu du XIVe siècle il est utile de revenir à l'époque romaine.
Cotte de mailles annulaire, à l’époque romaine. 
Le mot mailles nous vient du latin, maleus : marteau. Nous en reparlerons plus tard. Une cotte de mailles annulaire est un équipement défensif constitué d'un assemblage d'anneaux métalliques (fer, acier, bronze, cuivre,...).
Cet équipement a pour but de protéger son porteur des coups tranchants. Par contre, une cotte de maille est inefficace face à des coups contondants ou perforants. Pour pallier ce défaut, il faut porter sous la cotte une protection supplémentaire. Cette protection supplémentaire consiste en un vêtement rembourré qui aide à résister aux coups contondants et perforants (comme le gambison ou la jaque légère).
Les qualificatifs de « tresli » (tressé, entremêlé) et d'haubergerie (constituant les hauberts), en opposition aux mailles plates des broignes, ont fini par désigner les mailles annulaires. Le terme annulaire est en fait un qualificatif « moderne ».
Un peu d’histoire :
Lorica (Loricae) est le nom latin des défenses corporelles  dans la Rome antique.
Hamata (Hamatae) est une cotte de mailles en mailles annulaires. C'était généralement des cottes de mailles de type dit 1/4 (1 anneau est relié à 4 autres) fermées par une rivure
Histoire de la « loricae hamatae », (la cotte de mailles romaine).
Après le désastre de la prise de Rome (aux environs de -350 avant J.C) les troupes de la ligue latine furent réformées. Les cuirasses de bronze furent abandonnées au profit de la cotte de mailles annulaires, défense qui était utlisée par l'adversaire Celte. Suite aux conquêtes du Proche Orient méditerranéen, la fermeture de la loricae hamatae  fut copiée à partir de la fermeture que les Grecs utilisaient sur leur « armure de lin » (voir jaque et linothorax).
A partir des années 200, les légions sont amenées à combattre des adversaires extrêmement mobiles (véritables armées de cavalerie), sur les Balkans comme en Orient, ce qui annule l'intérêt d'une infanterie "super lourde". C'est aussi dans ces années que l'infanterie "romaine" commence à être délaissée au profit de la cavalerie.
 

Lorsque la Loricae Segmentatae a fait son apparition et s’est répandu dans les meilleures troupes romaines, nous étions en présence d’une armée professionnelle depuis déjà un siècle et demi, mais surtout dans un empire stable et fort. A cette époque les armes étaient de qualité et  elles étaient produite par des entrepreneurs privés, sous contrat avec l'Etat, et aux quels les engagés achetaient leurs armes dont ils devenaient propriétaires. Mais au IIIe siècle, cela change : l'Etat fournit les soldats en armes avec une déduction de solde.

Lorsqu' à la suite des déconvenues et de l'instabilité du deuxième tiers au IIIe siècle, les circuits et le tissu économiques sont très perturbés et en partie ruinés. Le Dominat va rétablir une armée forte à effectifs accrus et va adopter une politique économique étatique. L'armement sera dès lors produit en plus grande quantité, selon des normes de facilité et de coûts inférieurs, dans de grands ateliers d'Etat. Aussi, pour les troupes d'infanterie lourde on revient exclusivement aux Loricae Hamatae et Squamatae, et une majorité de l'infanterie se contentera de cuir ou de leur seul grand bouclier en plus de leur casque.
La cotte de maille semblait suffisante contre la « spatha », épée plus longue et plus adaptée à la frappe de taille, qui avait remplacée le glaive (arme d'estoc).

  La nécessité de se déplacer rapidement et l'influence des peuples cavaliers qui pénètrent peu à peu dans l'empire (Alains, Sarmates, etc..), vont entraîner le renouveau de la cavalerie et la protection des cavaliers.
L'abandon de la loricae segmentatae est long et la mise en place de la production étatique, aussi. Mais il est important de comprendre que les coûts de productions étaient devenus déterminants d'autant que l’entretien de la loricae segmentatae était particulièrement coûteux et complexe. Mais cette cuirasse n'était pas une protection absolue ni une prouesse technique inaccessible durant l'antiquité tardive. Son coût de production par rapport à sa "rentabilité", dans la protection, était sans doute moindre qu'une bonne vieille cotte de mailles, qui va s'allonger et devenir bien plus couvrante que durant l'époque d'Auguste. La loricae segmentatae était en tout cas très efficace sur les zones du corps qu'elle couvrait, mais cette zone était très restreinte... Et justement sa limite s'est montrée rapidement face aux grands fauchards daces... De plus, durant le Haut Empire la multitude des protections corporelles montre clairement qu'il y plus continuité qu'abandon... Pour ce qui est de l'allègement des protections durant l'antiquité tardive, il s'agit de considérations tactiques et non pas techniques.

Mais comment était réalisée la Loricae Hamatae, à l’époque romaine ?


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MessagePosté le: Jeu 28 Juin - 14:32 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Ven 29 Juin - 14:09 (2012)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

 

 LA COTTE DE MAILLES ROMAINE 
. Les premières attestations archéologiques de la cotte de maille nous viennent de la découverte de Ciumesti (actuelle Roumanie) datée du III ème siècle avant J-C. Elle se traduit durant l'antiquité tardive par une cotte simple intégrant des manches courtes et descendant à mi-cuisses ainsi que la présence de cottes de maille longue, dite lourde utilisées par les cavaliers cataphractaires d'origine Sarmato-Alain. Celle-ci couvrant tout le cavalier.
Elle reste l'une des protections corporelles les plus appréciée notamment par l'armée romaine et par les germains car elle permettait notamment de rapides réparations si nécessaire. Malgré tout chez les peuples germaniques elle reste réservée à une élite, de part son coup de fabrication.
 


Le nombre d'exemplaires étudiés montre que les cottes de mailles étaient composées, en moitié, d'anneaux pleins assemblés par des anneaux rivetés.
Les anneaux pleins étaient obtenus par emporte pièce (comme des rondelles). La section carrée est ainsi un peu en forme de D. La matière étant étirée par l'emporte pièce.
Les anneaux à riveter sont eux obtenus à partir d'un fil. Donc de section ronde est un peu aplatie au niveau du rivetage. Les anneaux constituant les loricae hamatae étaient fabriqués à partir d’un fil de fer. On obtient un fil de fer en forçant un lingot de fer dans une filière équipée d'orifices de tailles décroissantes.

Dans ce type de mailles de l'époque romaine il y a beaucoup plus des mailles dites " plates" que " rondes". David Sim (artisan et historien anglais) a démontré que les anneaux étaient réalisés avec des gabarits destinés à « l'emporte pièce » ( plusieurs exemplaires de gabarits ont été trouvés à Vindolanda et Vindonissa). Vindolanda, aussi appelé le fort romain de Chesterholm, est un camp construit dans la province romaine, situé au Royaume Uni, dans le nord de l'Angleterre, à proximité du mur d'Hadrien. Vindonissa est un ancien camp romain situé sur le site de l'actuelle commune suisse de Windich, dans le canton d'Argovie. Le camp fut probablement fondé en l'an 15 de notre ère.
Mais il existait aussi de la maille « ronde»,
Les mailles plates ne sont pas une mode du XVème siècle !
 
Les dimensions retrouvées vont de 5mm à 12,5mm de diamètre extérieur. La moyenne est de 7,2mm de diamètre extérieur. Le diamètre des fils est compris entre 1 et 2mm.


Bref rappel d’Histoire:

La cotte de maille est généralement attribuée aux celtes, vers le IIIeme siècle avant notre ère.
Elle était surtout utilisée par les riches ou les nobles, au vu du travail à fournir et du prix du produit final.
La cotte celte recouvrait le thorax, et les bras, en descendant jusqu'à la ceinture et au niveau des coudes ou des poignets. Il semblerait que tous les anneaux étaient rivetés.
Les romains reprirent la technique, mais modifièrent les anneaux de base : un rang de maille sur deux était constitué d'anneaux pleins, et l'autre d'anneaux troués, comme les mailles ordinaires, et que tous les anneaux avaient une taille unique.

Dans la république et l'empire, cette armure de corps était nommée « loricae hamatae ».
La cotte de mailles ne fut jamais aussi rependue que sous l'ère romaine, en effet, elle faisait partie du paquetage de base du soldat, avec le casque, le glaive..., contrairement au Moyen Âge ou chaque guerrier devait se payer son équipement..

La « loricae hamatae » romaine fut mise en concurrence directe avec la « loricae segmentattae », connue pour équiper rapidement des légions mais celle ci ne la remplaçât jamais, et fini par disparaître..
Les avis divergent, mais il semblerait que la loricae segmentatae offrait une bien moins bonne protection que la loricar hamatae, mais elle était plus rapide à produire..
Après l'explosion de l'empire romain, la maille disparait. Néanmoins on la retrouve chez les saxons et les vikings, souvent sous forme de simples « maillots » sans manches, ou de pièces de types « haubergeons ».
Conception des mailles rivetées.
On commence par chauffer un bloc de métal, que l'on étire par martelage (marteau = maleus = maille) sur la longueur, afin d'arriver a un morceau que l'on pourra tréfiler, c'est a dire le placer dans une sorte de moule et battre la pièce a froid (ou a chaud suivant les sources) pour obtenir ce que de nos jours on trouve dans toute quincaillerie : du fil de fer...
Cette opération ne nécessite pas d'outillage très poussé, ni de maître forgeron tel que pour une armure de plates comme une « lorrica segmentata » ou les armures gothiques et autres plus tardives..
Les anneaux reliés offrent une souplesse qu'une plaque brute n'a pas, et permet au métal de moins bonne qualité de ne pas se rompre...
Avec le fil de fer, il faut ensuite le former en rondins (opération facile avec une tige du diamètre voulu, on enroule autour, on démonte le boudin obtenu..) puis de couper un a un les anneaux!
Il ne reste plus qu'à assembler les anneaux.
Les différentes façons de fermer ensuite les anneaux sont de riveter la maille (trouer les bouts d'anneaux et y glisser un rivet), de sertir les bouts et de les joindre.
Vient ensuite le modèle de montage. Le seul retrouvé en Europe occidentale est celui dit « 4-1 ». C'est-à-dire que 4 anneaux s'insèrent dans un aure.

 Le « 6-1 » et le « 8-1 » sont reconnus comme n'étant pas historiques.


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Geoffroy de Venasque


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MessagePosté le: Ven 29 Juin - 19:34 (2012)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

Okay  Très intéressant merci messire guillaume.
_________________
c'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son que tant de gens paraissent brillant avant d'avoir l'air con


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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Dim 1 Juil - 13:14 (2012)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant


Ce tableau, qui est relativement ancien et non mis à jour, nous montre qu’au XIIIe siècle les mailles ont un fil de section lenticulaire, que les anneaux de liaison sont fermé par rivets et que le diamètre intérieur de l’anneau se situe entre 6 et 9 mm.
Jusqu’à présent, les fragments de mailles médiévales que j’ai eu en mains étaient dans un état qu’il m’a été impossible de dire si la section du fil était ronde, ovale ou carrée. La moyenne des mesures concernant le diamètre du fil de l’anneau se situait autour de 1,6 mm. Attention ! Les anneaux étant rouillés, on peut admettre que le fil était à l’origine, d’un diamètre supérieur.


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Eléazar II de Grave


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MessagePosté le: Lun 2 Juil - 10:51 (2012)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

Le dernier tableau est vraiment tres intéréssant.

Un vrai comparratif des mailles à travers l'Europe.

Messire de Pensac, le "Lieu d'origine" est-il le lieu de fouille est à été retrouvé la piece de maille ?
_________________


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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Lun 2 Juil - 13:28 (2012)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant







                                        Filière

                                    Appareil à calibrer les anneaux à riveter


                                      Appareil à sertir et riveter les anneaux


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pierre de fos


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MessagePosté le: Mer 4 Juil - 06:05 (2012)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

Okay quand est que l on en fabrique 1 ?

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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Mer 4 Juil - 09:27 (2012)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

Il y a vingt cinq ans, pour les besoins d'un reportage sur les fouilles archéo en rivière, j'avais reconstitué un tissus de mailles de 10 cm par 10 cm.
Je peux affirmer que le travail est énorme quand on ne possède pas le matériel spécifique détaillé ci-dessus. C'est pourquoi quand, plus tard, j'ai réalisé mon haubergeon je me suis rabattu sur la technique de l'anneau abouté, qui n'est pas du tout historique.
Pierre, mon ami, l'expérimentation archéologique est l'affaire de gens qui sont dans la force de l'âge comme toi. En ce qui me concerne, je suis bien trop vieux pour mouiller ma chemise ! ! !


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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Mer 11 Juil - 15:06 (2012)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

                                       Les anneaux du vêtement de mailles.
 

   Que ce soit pour estamper à l’emporte-pièce les anneaux ou pour les tréfiler à la filière, l’utilisation d’un métal mou était obligatoire. Pas d’acier et pas de bronze dur ! Le fer recuit était le métal le plus approprié. En plaques assez mous pour être découpées en rondelles de 17/10 de millimètre d’épaisseur ou en fils pour être tréfilés au diamètre de 1,7 mm.
 

Les anneaux obtenus à l’emporte pièce avaient une section carrée avec les arrêtes supérieures arrondies (Fig. 1)


 

Les anneaux issus du tréfilage étaient formés par l’enroulement du fil autour d’un axe de 8mm environ et étaient coupés à la pince. Le passage dans un gabarit des extrémités resserrait les anneaux en formant un recouvrement (Fig.2).

 

L’anneau était introduit dans une matrice qui permettait à la fois d’effectuer le poinçonnage (perçage de l’anneau) et le ressuage de la liaison (Fig. 3).

 

L’anneau était ouvert pour être assemblé avec 4 anneaux fermés puis il était fermé et riveté (rivet en forme de coin) dans une matrice appropriée. (Fig.4)

 

Une fois le haubert ou le haubergeon terminé il fallait l’introduire dans une boite métallique avec beaucoup de poudre de charbon de bois. L’ensemble était mis dans la forge pour subir le traitement de cémentation. Une fois cette dernière phase de travail terminé, on avait obtenu une protection de mailles alternées en acier relativement dur.

Pourquoi utiliser de la maille alternée (anneaux fermés et anneaux rivetés) ?
   -  Il semblerait ( de l'antiquité au Moyen Âge) que l'anneau fermé nécessitait beaucoup moins de travail que l'anneau riveté.
Est-ce que la maille aboutée est historique ?
   -  Jusqu'à ce jour, aucune source archéo n'indique que ce procédé a été utilisé.
   -  Notre ami Sicard de Puivert vous prouvera que la maille abouté ne résiste pas à l'impact d'une flèche...même si elle est "bluntée".

Néanmoins notre mission de pédagogue dans les prestations nous amène à monter au public comment le vêtement de mailles était construit au MA. Alors, utiliser de la maille aboutée c'est mieux que ne rien montrer du tout au public, même si ce n'est pas historique.


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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Sam 26 Jan - 17:31 (2013)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

Pour revenir à la fabrication des anneaux rivetés.
 



Dans notre monde occidental existe deux solutions pour le rivet de l’anneau : le rivet cylindrique avec tête bombée, serti façon « grain d’orge » et le rivet triangulaire qui est le plus fréquent.
Si on regarde attentivement avec une loupe le sertissage de l’anneau, la liaison est quelque peu différente de celle représentée en fig. 4.
L’assemblage a la forme d’une tête de serpent (voir dessin ci-dessous) et cela implique que le fil de fer a été coupé en biais dans la spire.
 


 

Les chercheurs anglais ont essayé de reconstituer une pince coupante pour couper en biais le fil et un autre outil pour percer, en forme de fente, la liaison de l’anneau.



  







 

Cette fente étant prévue pour recevoir le rivet en forme de coin.
 

Aujourd’hui, à ma connaissance, dans la fabrication de vrais mailles historiques il y a un artisan espagnol qui fabrique des hauberts et haubergeons à des prix supérieurs à la maille indienne.
http://www.costasdemalla.es/ma1.htm


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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Sam 26 Jan - 17:35 (2013)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

http://www.cotasdemalla.es/ma1.htm

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Geoffroy de Venasque


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MessagePosté le: Dim 27 Jan - 14:36 (2013)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

Excellenticime messire de pensac, ce qui me gène et je pense me gènera toujours, c'est les mailles galvanisées. Va pour la maille aboutée, mais en galva quel dommage... Théoriquement il faudrait du vrai fer même alors que même les rivetés sont en acier. Sad
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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Dim 27 Jan - 19:27 (2013)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

Geoffroy, comme toujours, tu es tout à fait dans le vrai. Néanmoins il faut savoir que les anneaux étant en fer (sans carbonne) ils n'étaient pratiquement pas attaqués par la rouille.
On peu immaginer qu'une simple protection à base de cire d'abeille était suffisante pour garder le vêtement de mailles propre et non salissant.
Pour en savoir plus, il serait intéressant et de converser avec des médiévistes qui utilisent la cotte historique (en mailles de fer).
Malheureusement pour moi, je ne pratique pas la langue de Cervantes pour poser les bonnes questions à l'artisan haubergier espagnol. http://www.cotasdemalla.es/ma1.htm


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Guillaume de Pensac
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MessagePosté le: Ven 1 Fév - 10:59 (2013)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

Michel ! Pour réaliser un vêtement de mailles en mailles aboutées, on ne peut pas utiliser du fil de fer, par ce que le fer étant trop mou, l'anneau va se déformer et s'ouvrir.
On est obligé d'utiliser du fil d'acier, mais l'acier "rouille" rapidement et colore en noir votre gambison qui était blanc à l'origine.
Comment plaider l’anneau abouté, en acier galva :
Historiquement parlant, le vêtement de mailles de fer ne s’oxydait que très peu. De plus le « fourbisseur » attaché au service du chevalier entretenait la cotte qui prenait une couleur gris clair (celle du fer). C’est pourquoi, visuellement, le fer galva ne me gène pas plus que ça.
Visuellement, à 1 m de distance, la maille abouté ressemble plus à la maille historique du XIIIe siècle.
En revanche, la maille plate rivée (qui est historiquement postérieure à la mi XIVe s) est bien identifiable par le public.
Comment, nous les prestataires médiévistes, devons-nous justifier auprès du spectateur questionneur, l'emploi de telle ou telle cotte de mailles ?
C’est une affaire de personne et je respecte la pensée de chacun.
Il est un fait qui me perturbera toujours, c’est d’écouter des puristes chercher la petite bête dans la maille histo ou le textile histo, mais qui arborent fièrement une épée de l’Europe de l’est, laide et de forme non historique. C’est vrai que cela  me dérange beaucoup !
Mais comme je l’ai déjà dit, c’est très personnel.


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Gontran Le Sénestre
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MessagePosté le: Ven 18 Oct - 22:19 (2013)    Sujet du message: De la Loricae Hamatae à la cotte de mailles du XIIIe siècle. Répondre en citant

J'ai une petite question, concernant plus les protections éventuellement associées à la maille que la maille elle-même.
Souvent, et à de nombreuses époques, le parti de ne pas ou peu protéger les bras du combattant est pris : on en trouve l'exemple à travers les Romains, mais aussi à travers certains types de protections (certaines jacques, brigandine, haubergeons sans manches ou quasi, gambisons "Maciejowski", cuirasses des piquiers ou de Cuirassiers...).

Mais autres temps autres moeurs... ces choix basés sur des éléments rationnels (coûts, liberté de mouvement du bras, gain de poids, gêne pour les archers, etc.) sont plus difficiles à appliquer de nos jours, la protection du combattant étant devenue une priorité.

J'en viens à ma question (orientée XIIIe, of course^^) :
trouve t-on des protections légères (cuir, notamment) portées en association avec la maille, destinées justement à protéger le bras sans "charger la mule" ?
Dans les sources que j'ai pu voir, les sergents et chevaliers portant la maille portent généralement un haubert incluant des moufles de maille, mais ceux ayant une portion ou tout le bras découvert sont peu ou pas protégés aux bras et aux mains.
Aujourd'hui beaucoup de combattants (dont moi) portent un haubergeon, complété par des protections d'avant-bras en cuir ou cuir+lames d'acier, ainsi que des gantelets, pour combler cet espace de vulnérabilité.
Je n'ai pourtant encore vu aucune source montrant un couplage entre la maille pour le corps et d'autres protections plus légères pour les bras. Seul élément actuellement à ma disposition : les spallières (ou plutôt ailettes) de bois, fixées sur la maille aux épaules, sont histo, et recouvrent bien les épaules et le haut du bras. Mais la question reste ouverte sur le reste du membre.

Pourtant, une telle combinaison est intéressante, l'expérience en combat en est la preuve : les grandes et lourdes manches du haubert sont moins pratiques que les cuirs lamellaires qui préfigurent les canons d'avant-bras du harnois blanc !
En allant encore plus loin, je dirais même que les manches de maille du haubergeon gênent la fixation et le mouvement des pièces de bras, et il ne serait pas (à première vue) absurde de penser à un maillot sans manches, les pièces de bras y étant fixées comme des manches amovibles...

Il y a là quelques pistes de réflexion mais, j'en suis fort marri, bien peu d'éléments de réponse (ben sinon je ne poserais point la question, pardi!)...
_________________
Sus à l'herpaille !


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